Investir en Algérie dans l’énergie solaire : une chance historique pour la diaspora

L’Algérie entre dans une nouvelle étape de son développement énergétique. Pendant des décennies, notre pays a construit sa puissance autour du pétrole et du gaz. Ces ressources ont permis de financer l’État, de développer les infrastructures et d’assurer une place importante à l’Algérie sur la scène énergétique internationale. Mais le monde change. Les besoins changent. Les technologies changent. Et l’Algérie doit aujourd’hui préparer l’avenir avec lucidité, ambition et responsabilité.
Parmi les secteurs les plus prometteurs, l’énergie solaire occupe une place centrale. Ce n’est pas un hasard. L’Algérie dispose d’un potentiel solaire considérable, notamment dans les régions du Sud et des Hauts Plateaux. Dans un contexte où la demande nationale en électricité augmente, où les besoins industriels et agricoles progressent, et où le monde cherche des sources d’énergie plus propres, le solaire peut devenir un levier majeur de souveraineté, de développement et d’investissement.
L’État algérien a annoncé un objectif important : atteindre 15 000 MW de capacités renouvelables à l’horizon 2035. Une première phase de 3 200 MW de projets solaires photovoltaïques est déjà engagée, avec une entrée en service attendue à partir de 2026. À cela s’ajoutent les appels d’offres et programmes déjà lancés autour du solaire, dont le programme Solar 1000 MW et des projets photovoltaïques répartis dans plusieurs wilayas du pays.
Ces chiffres montrent une chose : l’énergie solaire en Algérie n’est plus une idée lointaine. C’est un chantier concret. Et ce chantier doit aussi être une opportunité pour les Algériens établis à l’étranger.
La diaspora doit prendre sa place dans cette transition
Je suis convaincu que la diaspora algérienne ne doit pas seulement observer cette transformation depuis l’Europe. Elle doit y participer.
Dans la Zone 7, nous comptons des ingénieurs, des entrepreneurs, des techniciens, des investisseurs, des cadres, des chercheurs, des jeunes diplômés et des porteurs de projets capables d’apporter une vraie valeur à l’Algérie. Beaucoup vivent dans des pays où la transition énergétique est déjà avancée : Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Norvège, Finlande, Irlande. Ils connaissent les technologies, les normes, les modèles économiques, les mécanismes de financement et les exigences de qualité.
Cette expérience est précieuse. Elle peut devenir un pont entre l’Europe et l’Algérie.
Investir dans le solaire ne signifie pas uniquement construire de grandes centrales. Il existe de nombreuses opportunités autour de la chaîne de valeur : installation de panneaux photovoltaïques, maintenance, nettoyage spécialisé des modules, stockage d’énergie, solutions solaires pour l’agriculture, pompage solaire, électrification de zones isolées, efficacité énergétique des bâtiments, formation technique, bureaux d’études, sous-traitance industrielle, fabrication de composants, digitalisation du suivi de production ou encore accompagnement financier des projets.
C’est précisément là que la diaspora peut jouer un rôle stratégique.
Le solaire au service de l’agriculture et des territoires
L’énergie solaire peut également répondre à des besoins très concrets dans les territoires. L’agriculture algérienne, notamment dans les zones semi-arides et sahariennes, a besoin d’énergie fiable pour le pompage, l’irrigation, la conservation, la transformation et le transport. Dans certains cas, le solaire peut réduire la dépendance aux carburants, stabiliser les coûts d’exploitation et améliorer la rentabilité des projets agricoles.
Pour les jeunes entrepreneurs, cela ouvre des perspectives nouvelles : fermes modernes, serres intelligentes, unités de transformation agroalimentaire, chambres froides alimentées partiellement par le solaire, systèmes d’irrigation optimisés, solutions hybrides pour les exploitations isolées.
L’énergie solaire ne doit donc pas être vue comme un secteur réservé aux grandes entreprises. Elle peut devenir un outil concret pour créer de l’activité, de l’emploi et de la valeur dans les territoires.
Des obstacles à lever pour libérer les investissements
Mais soyons clairs : le potentiel ne suffit pas. Pour que la diaspora investisse réellement, il faut lever les obstacles.
Beaucoup d’Algériens de l’étranger veulent investir au pays, mais hésitent face à la complexité administrative, au manque d’information fiable, aux difficultés bancaires, à la lenteur des procédures, à l’incertitude foncière ou à l’absence d’accompagnement clair. Dans un secteur aussi technique que l’énergie, ces obstacles peuvent décourager même les porteurs de projets les plus sérieux.
C’est pour cette raison que je défends une approche simple : informer, accompagner et sécuriser.
Informer, parce qu’un investisseur doit comprendre les règles, les appels d’offres, les autorisations, les dispositifs disponibles et les interlocuteurs compétents.
Accompagner, parce qu’un projet énergétique demande des compétences techniques, juridiques, financières et administratives.
Sécuriser, parce qu’aucun investisseur ne peut s’engager durablement sans confiance, sans visibilité et sans protection claire de ses droits.
Une opportunité économique et nationale
Le solaire peut permettre à l’Algérie de mieux répondre à sa demande intérieure en électricité, de préserver davantage ses ressources gazières pour les usages à forte valeur ajoutée ou l’exportation, et de développer une industrie locale autour des énergies renouvelables. Il peut aussi contribuer à l’électrification de zones isolées et au développement d’activités économiques nouvelles.
Mais cette transition ne doit pas être seulement énergétique. Elle doit aussi être industrielle, territoriale et humaine.
L’enjeu n’est pas uniquement de produire des mégawatts. L’enjeu est de créer des compétences, des emplois, des entreprises, des formations, des partenariats et une vraie culture de l’innovation.
C’est là que la diaspora a un rôle à jouer. Nous devons passer d’une relation émotionnelle avec l’Algérie à une relation également économique, productive et structurée. Aimer son pays, c’est aussi contribuer à son développement avec des projets sérieux, utiles et durables.
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Mon engagement
Je veux que les Algériens de la Zone 7 puissent investir en Algérie avec davantage de clarté, de confiance et d’efficacité. Je veux que nos compétences établies en Europe soient mieux identifiées, mieux mobilisées et mieux reliées aux besoins réels du pays.
Dans le domaine de l’énergie solaire, cela signifie encourager les partenariats entre entrepreneurs de la diaspora et acteurs algériens, faciliter l’accès à l’information, soutenir les projets productifs, défendre des mécanismes financiers adaptés et promouvoir une administration plus lisible pour les investisseurs.
L’Algérie a le soleil. Elle a les territoires. Elle a les besoins. Elle a aussi une diaspora compétente, ambitieuse et attachée à son pays.
Notre responsabilité est de faire le lien entre ces forces.
L’énergie solaire n’est pas seulement une technologie. C’est une opportunité de souveraineté, de développement et de fierté nationale.
Et je suis convaincu que la diaspora algérienne doit être au cœur de cette ambition.

